SAFRAN : Une privatisation renforcée

L’Etat poursuit son désengagement du capital de SAFRAN ! Lundi 30 novembre 2015, le gouvernement annonce la vente de 11 millions d’actions représentant 770 millions d’euros. La part de l’Etat dans le capital de SAFRAN descend à 15,39 % avec des droits de vote à 23,9 %

Cette décision s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire l’endettement de l’état et de redéployer des moyens vers des projets porteurs de développement économique.

C‘est la 4ème opération de vente d’actions SAFRAN détenues par l’Etat en 2 ans, faisant passer sa participation de 30 % à 15 % en profitant de l’excellente situation financière de SAFRAN pour effectuer ce genre d’opération.

Depuis 15 ans, c’est toute la filière aéronautique et spatiale qui a été privatisée pour dégager des dividendes aux actionnaires privés, surtout des fonds de pensions et d’investissements. Les excellents résultats d’aujourd’hui sont le fruit de dizaines d’années d’investissement public et de soutien de l’Etat !

Conséquence indirecte de cette cession : 1,2 millions d’actions seront proposées aux salariés du groupe SAFRAN, soit 0,29 % du capital conformément à la loi « Macron 2 ».

La CGT dénonce cette opération pour trois raisons :

L’état vend son patrimoine pour réduire sa dette issue des politiques d’austérité et de cadeaux conséquents accordés aux entreprises. Avec le pacte de responsabilité et le Crédit Impôt Recherche, ce sont des dizaines de milliards qui font défaut dans le budget de l’Etat alors que les besoins économiques et sociaux ne sont pas satisfaits. Cette vente d’actions fait rentrer du « cash » à court terme au détriment d’une politique de long terme.

L’augmentation du capital flottant atteignant un niveau de 70 % accentue les liquidités des actions SAFRAN sur le marché. La pression des marchés financiers se renforce pour des attentes sur le résultat financier et les profits du groupe SAFRAN. Cette financiarisation pèse lourdement sur les ressources disponibles pour l’emploi, les salaires et les investissements.

L’Etat montre son incapacité à définir une politique industrielle structurante de long terme et préfère la liberté du marché. Le gouvernement soutien en priorité les secteurs porteurs de croissances financières et de rentabilité.

Décidément, au moment où le chômage continue d’augmenter encore et toujours, il est urgent que l’Etat intervienne de manière offensive pour l’emploi, l’investissement productif et ainsi développer l’industrie de notre pays.

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